Voter sans savoir pourquoi

29/08/2012 08:56

Source: Le journal du Québec  ou Le journal du Montréal / le 29 août 2012 / Mise à jour mercredi 06:19

Un article écrit par Anne Caroline Desplanques

 

Des aînés avec des problèmes de santé mentale votent par anticipation dans des centres d’hébergement

Des personnes âgées de la résidence Les Marronniers à Lévis qui sont aux prises avec des problèmes de santé mentale ont reçu la visite des scrutateurs, dimanche dernier.


Depuis dimanche, des scrutateurs parcourent le Québec pour faire voter des personnes âgées qui sont parfois atteintes de la maladie d’Alzheimer ou de démence. Le phénomène relance le débat sur les personnes aptes à voter.
Assistante infirmière-chef dans un centre d’hébergement de Saint-Jérôme, Mélissa P. Audet, a vu voter une douzaine de personnes dans son établissement dimanche.


« Cinq ou six ne savaient même pas qu’elles venaient de voter quand je leur ai posé la question après que les scrutateurs soient sortis de leur chambre », dénonce-t-elle. « Ce sont des gens qui ne s’habillent pas seuls, qui ne mangent pas seuls. Ils sont vraiment mêlés », poursuit l’infirmière.


Un scénario similaire s’est produit à la résidence Les Marronniers, à Lévis, hier. Audrey Gauthier explique que sa belle-mère, atteinte de la maladie d’Alzheimer, a voté sans savoir ce qu’elle faisait.


« J’ai fait un “X”, mais je ne sais pas pourquoi», a confié la dame de 74 ans à son fils.
Une citoyenne de Gatineau, Lise Thériault, s’est plainte sur Facebook du fait que des scrutateurs sont venus chez sa mère pour la faire voter alors qu’elle ne reconnaît même plus ses enfants.


Famille et personnel impuissants
« Quand la personne qui la faisait voter a enlevé le gros carton devant elle, elle leur a demandé “ Qu'est-ce que vous allez faire avec ça ? ” Elle n'avait aucune idée du geste qu'elle venait de poser », raconte-t-elle, en soulignant avoir expliqué en vain que sa mère n’avait plus sa mémoire.


Mélissa P. Audet a tenté de convaincre les scrutateurs que ses patients n’ont pas la capacité de faire des choix éclairés. Lisette Landry, infirmière dans un centre d’hébergement de l’Assomption, a fait de même. Dans les deux cas, les explications de ces professionnelles sont restées vaines.


Nicole Dubé, une porte-parole des Marronniers, estime qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter. « Ils sont capables de décider s’ils veulent une sandwich ou un hot-dog, alors ils sont capables de voter », a -t-elle répondu au Journal.


 

 

 

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