Le Québec qui vieillit et qu'on ignore

24/08/2012 12:50

Source: LeSoleil / le 23 août 2012 / 15h00


C'est au nom de près de 3 millions de Québécoises et de Québécois de plus de 50 ans que j'écris cette lettre à la ou le chef de notre futur gouvernement. Je suis outré de constater que la campagne électorale actuelle néglige certains débats incontournables et fondamentaux pour le présent et l'avenir de la société québécoise. Si on a pu prendre connaissance de quelques promesses électorales relativement aux soins à domicile ou au maintien en emploi pour les travailleurs d'expérience, il demeure évident que les partis politiques actuellement en campagne sont davantage intéressés par leur stratégie électorale que par la réalité des Québécois. Il est de leur devoir de trouver des solutions.


Alors que la présente campagne s'intéresse particulièrement aux problèmes de la corruption, la problématique du vieillissement de la population demeure un fait incontestable qui a des impacts majeurs pour la société québécoise. Il est plus que temps qu'on s'y attaque avec des politiques qui tiennent compte des besoins des aînés et qui les considèrent comme une richesse pour la société. Les aînés sont des actifs économiques et sociaux pour le Québec, et non que des passifs malades ou victimes. Nous ne pouvons plus ignorer leur implication, leur expérience, leurs droits, leur force économique ainsi que leur poids démographique. Les Québécois exigent que cette question fondamentale du vieillissement soit débattue sur la place publique!


Le vieillissement de la population change considérablement la réalité du monde du travail et le cycle étude/travail/retraite n'est plus si traditionnel. Il faut revoir nos façons de concevoir ce cycle pour un roulement productif de la main d'oeuvre et pour le respect des droits des travailleurs à tout âge, dès aujourd'hui. Le prochain gouvernement doit reconnaître l'expertise et l'expérience des travailleurs de 50 ans et plus, favoriser leur rétention sur le marché du travail par de mesures concrètes qui vont au-delà des incitatifs économiques proposés, soutenir le transfert de connaissances et faciliter l'accès à la retraite progressive.


Nous avons également besoin de mesures tangibles pour assurer la sécurité financière de la population du Québec d'aujourd'hui et des générations futures. L'état des régimes complémentaires de retraite est en péril et le rendement des caisses de dépôt inquiète plusieurs contribuables de tous âges. Il me semble primordial que le prochain gouvernement instaure des lois claires et incontournables afin de protéger les fonds de retraite et sécuriser les revenus des retraités.


Au-delà des belles paroles, le noble objectif de permettre aux gens de demeurer chez soi dans de bonnes conditions doit se traduire par des actions concrètes. Il est temps de se positionner sur les questions de l'heure: le sous-financement massif des soins à domicile, la reconnaissance de la contribution des proches aidants, la problématique des taxes foncières ainsi que l'enjeu des maisons intergénérationnelles. Les besoins sont criants et nous exigeons des actions concrètes immédiatement.


Le Québec vieillit, qu'on le veuille ou non, et le futur gouvernement a le devoir d'en prendre acte.


Jean-Claude Grondin, président du Réseau FADOQ


 

 

Conférence des Tables régionales de concertation des aînés du Québec

Rechercher dans le site

Contact

Conférence des Tables régionales de concertation des aînés du Québec (CTRCAQ) 2120, rue Boivin, local 113
Québec (Qc)
G1V 1N7
418-614-0999