La Coalition des médecins pour la justice sociale : L'euthanasie - dangereux pour les patients non en fin de vie, illégale pour les médecins et un conflit d'intérêt pour le gouvernement

24/09/2013 14:01

Lors de l'audience publique sur les soins de fin de vie se tenant le 24 septembre 2013, la Coalition des médecins pour la justice sociale dénonce les fondements de la loi 52, qui vise la promotion d'un acte médical illégal (criminel) et à l'encontre de l'éthique médicale. À l'appui de cette affirmation, Dr. Paul Saba, co-président de la Coalition des médecins pour la justice sociale, a critiqué férocement le manque d'éthique de la loi, qui s'éloigne du principe de protection de base de la personne en ce qui a trait à sa sécurité et sa vie. « Il faut rappeler que 9, 000,000 de médecins, qui font partie de l'Association Médicale Mondiale à travers 100 pays, dénoncent l'euthanasie comme pratique médicale ». Les risques de dérapage sont réels dans les 4 pays autorisant l'euthanasie ou assistance au suicide (Pays-Bas, Belgique, Luxembourg, Suisse) et 2 états américains. Il ne faut pas oublier qu'il y a 192 pays où l'euthanasie est rejetée comme pratique.

Comme exemple de dérapage, Dr. Saba a cité l'augmentation de l'euthanasie en Belgique où les décès par injection ont augmenté au rythme vertigineux de 235 en 2003, pour passer à 1,432 en 2012. Lors d'une visite à Montréal, le professeur Tom Mortier a dénoncé la mort de sa mère par euthanasie à l'âge de 64 ans le 19 avril 2012, dans le contexte de son état dépressif, sans préavis à la famille, laissant en deuil et en choc deux enfants adultes et trois petits-enfants. Selon Dr. Mortier, « En Belgique, nous avons dix ans d'avance sur le Québec en la matière. À l'origine, la loi qui encadrait l'euthanasie avait des balises semblables [à celles du projet de loi 52]. Ce qui se passe en Belgique actuellement offre une perspective de ce qui  peut survenir au Québec dans dix ans si la loi 52 voit le jour.»


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Actuellement, le sénat belge discute de la possibilité d'élargir l'accès à l'euthanasie aux mineurs souffrants et affectés par une maladie sévère. Au Pays-Bas, on a adopté, en 2005, une loi (avec le protocole Groningen) permettant l'euthanasie pour des nouveaux nés et les jeunes enfants qui sont « sans espoir d'une bonne qualité de vie ».  (35 BMJ, 2006).

Les études internationales démontrent clairement que les balises et les contrôles sont insuffisants ou déficients. Le tiers des patients euthanasiés en Belgique n'aurait  pas été en mesure de donner un consentement  libre et informé (J Médical Association Canada, 15 juin 2010). Toujours en Belgique, presque 50% des cas d'euthanasie n'ont pas été rapportés aux autorités (British Medical Journal, 5  octobre 2010). Aux Pays-Bas,  plusieurs patients n'ont pas été évalués par un deuxième médecin (BMJ, 24 septembre 2005). En Oregon, 20% de patients déprimés n'ont pas eu accès à une évaluation psychiatrique ou psychologique avant d'être euthanasiés (BMJ, 2 août 2008).

Après une analyse de 57 articles dans Current Oncology en 2011, le docteur Jose Pereira, directeur des soins palliatifs à l'université de l'Hôpital d'Ottawa, arrive à la conclusion que la sécurité des balises et des contrôles exigés en matière d'euthanasie est illusoire.

Les risques résultant du fait de donner accès à l'euthanasie sont aussi très importants sur le plan du « pronostic ». Selon le projet de loi 52, les patients porteurs d'une maladie sévère et incurable associée à une détérioration importante et irréversible de leur condition médicale sont des personnes aptes à l'euthanasie. Pour ces patients avec maladies sévères et chroniques, l'expectative de vivre pour les prochains 6 mois est de l'ordre de 50%, ce qui correspond à une performance aussi prévisible que si l'on tire une pièce de monnaie au jeu de pile ou face. Même pour les patients atteint du cancer, le taux de prévision de la mort n'est pas certain. À témoin, le docteur Kenneth Stevens, radio-oncologiste à Oregon Health and Science University à Portland Oregon, qui a présenté un Affidavit en Cour Supérieure à Trois Rivières, Québec (2012). Une de ses patientes, Mme Jeannette Hall, alors dans la cinquantaine, lui a demandé de mourir avec son assistance médicale il y 13 ans en raison de son cancer, plutôt que de se faire traiter. Heureusement pour elle, Dr. Stevens a refusé d'accéder à sa demande, et Mme Hall a accepté de se faire traiter pour son cancer. Aujourd'hui, Mme Hall est toujours vivante.

Au Pays-Bas, l'euthanasie est légale depuis 2002.  À première vue, on croirait que ce serait réservé pour les gens atteints de cancer et d'autres maladies physiques. Pourtant, dans le cas d'une femme hollandaise, elle a convaincu ses médecins de lui enlever la vie pour la seule raison qu'elle était profondément déprimée après son divorce!  Dans un autre cas, une jeune femme anorexique insistait pour mourir, et le comité des médecins a décidé que c'était acceptable, selon la nouvelle loi.

Dans ces cas-ci, il faut conclure que ces deux femmes ont perdu leur vie principalement pour le motif qu'elles n'arrivaient pas à trouver une solution de traitements reconnus comme efficaces dans leur système de santé.

Au Québec, les traitements ne sont pas suffisants ni ponctuellement disponibles dans bien des cas, en raison d'un manque de ressources financières.

Le docteur Farquhar décrit, dans son analyse, comment le système est discriminatoire pour les patients souffrants de troubles de santé mentale et fait état des effets néfastes de la loi 52 pour la clientèle psychiatrique. Dr. James Farquhar s'inquiète du fait que les gens atteints de maladie mentale puissent choisir l'euthanasie faute des soins.

Notre avocat, Me Dominique Talarico,  présente les arguments de nature juridique concernant les dérives d'un système juridique et médical qui foulent du pied la valeur intrinsèque de la vie humaine de ses citoyens. Le droit d'accéder à l'euthanasie crée des risques non négligeables, tels que les décès chez ceux qui souffrent  de conditions potentiellement réversibles.

Dans son plaidoyer pour la défense des malades, il soumet que la loi 52 représente un risque élevé d'entraîner des tragédies déplorables sur le plan humain et qu'elle ne devrait pas voir le jour.

Mme Hélène Beaudin, qui a perdu son père en 2010 et accompagne sa mère atteinte d'un cancer en phase terminale, ne souhaite l'euthanasie ni pour sa mère ni pour autrui, et rendra témoignage.

L'euthanasie active, encadrée par une législation, peut prendre l'allure d'un choix d'une société ouverte aux changements et audacieuse dans ses orientations. Dans la réalité quotidienne, la loi 52 illustre le manque de cohérence dans le discours du gouvernement et elle traduit un mépris de la vie humaine ainsi qu'une incapacité à protéger l'homme de lui-même. Une question s'impose. Est-ce que le gouvernement risque d'être en conflit d'intérêt en profitant des économies de millions de dollars chaque année grâce à la réduction des services de santé en raison de la pratique de l'euthanasie?

Finalement, Dr. Saba a insisté qu'un médecin ne doit jamais pratiquer l'euthanasie ni référer une personne en euthanasie, car cela irait à l'encontre d'une pratique éthique et légale de la médecine moderne. Pourtant, le législateur veut contraindre les médecins à le faire.

 

SOURCE Coalition des médecins pour la justice sociale

 

 

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