Et les régimes de retraite?

21/08/2012 15:30

Source: Radio-Canada.ca / 21 août 2012 à 11 h 32
Un article écrit par Gérard Fillion


Depuis le début de la campagne, j’ai reçu beaucoup de courriels sur les enjeux économiques de l’élection au Québec. Et le plus grand nombre de ces courriels portait sur les régimes de retraite, un enjeu qui n’a pas du tout été abordé au cours des trois premières semaines de la campagne électorale déclenchée le 1er août. Pourtant, il s’agit d’un problème crucial.


Les régimes de retraite privés et publics sont sous-financés. Autrement dit, on constate aujourd’hui qu’il n’y a pas assez d’argent dans les régimes pour respecter les obligations et les engagements qui ont été négociés pour les retraités et futurs retraités. La quasi-totalité des régimes de retraite est en déficit de solvabilité avec un taux se situant en moyenne autour de 70 %, c’est-à-dire qu’il y a 70 ¢ dans la caisse pour chaque dollar de prestations de retraite prévues.

 

Dans le cas d’entreprises en difficulté, en restructuration ou en faillite, c’est dramatique pour les travailleurs. Les exemples sont nombreux, surtout dans le secteur manufacturier.


Les retraités de la Stadacona, une usine fermée par les Papiers White Birch, ont dû accepter une réduction de 30 % de leurs revenus de retraite en raison des troubles financiers de l’entreprise. Ils réclament, comme les travailleurs et ex-travailleurs d’autres sociétés manufacturières, des changements législatifs pour protéger leur régime de retraite auquel ils ont contribué toute leur vie.


Dans le cadre de la campagne électorale au Québec, certains partis politiques ont proposé des modifications pour protéger les revenus de retraite en cas de défaillance d’une entreprise.


Ce problème de sous-financement est réel et répandu. Plusieurs raisons l’expliquent, notamment les actuels faibles taux d’intérêt sur les obligations. Il touche notamment les régimes de retraite des employés municipaux au Québec. Selon l’UMQ, le déficit actuariel de ces régimes atteint presque 5 milliards de dollars. Il réclame un « partage plus équitable des coûts et des risques associés aux régimes de retraite à prestations déterminées des employés municipaux entre les participants et l’employeur ».

 

L’Union des municipalités souhaiterait en quelque sorte que les employés contribuent davantage à leur régime de retraite. Dans certains cas, l’employeur (public) se charge de 70 à 80 % des cotisations aux régimes de leurs employés.


Est-ce que ça doit changer? Doit-on passer de régimes à prestations déterminées à régimes à prestations cibles, c’est-à-dire un régime dont les prestations peuvent être modifiées si la situation actuarielle est mauvaise? Doit-on travailler plus longtemps? Et pourquoi l’Ontario n’est-il pas plongé dans le même pétrin, alors que le taux de solvabilité pour les prestations déterminées du régime des employés municipaux (OMERS) est de 89 %?


Le grave problème des régimes de retraite touche un nombre important de Québécois. Pourquoi n’en parle-t-on pas durant cette campagne électorale?


 

 

 

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