Aide médicale à mourir: une «valorisation» du suicide redoutée

10/10/2013 10:50

(Québec) L'Association québécoise de prévention du suicide (AQPS) craint que l'aide médicale à mourir entraîne une augmentation des suicides au Québec.


L'organisme a fait part de son inquiétude, mardi, devant la commission parlementaire chargée d'étudier le projet de loi 52 sur les soins de fin de vie incluant l'aide médicale à mourir ou l'euthanasie pratiquée par des médecins. Certains pensent que cette nouvelle pratique pourrait miner les efforts pour réduire les suicides.

«L'AQPS craint que la légalisation de l'aide médicale à mourir contribue à modifier la norme sociale québécoise relative au suicide, l'amenant vers plus d'acceptabilité, voire de valorisation. Elle s'inquiète du risque que l'aide médicale à mourir renforce l'idée que mourir est une solution à la souffrance», peut-on lire dans le mémoire de l'organisme.

Selon l'Association, plusieurs verront des similitudes entre les personnes qui bénéficieront de l'aide médicale à mourir et celles qui veulent s'enlever la vie. Dans les deux cas, la mort est la porte de sortie pour échapper à une souffrance jugée insupportable.


Valeurs

«Il existe de nombreuses personnes qui estiment que leur vie n'a plus de sens, que la douleur qu'ils vivent ne peut être apaisée, qu'il n'y aura pas de lendemain meilleur. Leur souffrance leur apparaît comme un obstacle insurmontable. C'est le cas de personnes en fin de vie, mais de toutes les personnes, jeunes, adultes et aînées, qui pensent au suicide», a-t-on fait valoir.

L'organisme craint que l'argument du droit individuel d'une personne de choisir l'aide médicale à mourir soit également utilisé par les personnes suicidaires. «Les valeurs que sous-tendent la légalisation de l'aide médicale à mourir, soit l'autodétermination, la liberté et le droit individuel ne peuvent être présentées comme des réponses que la société adresse également aux suicidaires.»

Pour éviter un rapprochement entre l'aide médicale à mourir et le suicide, l'Association recommande que l'aide médicale à mourir soit restreinte aux personnes dont le décès est imminent ou en phase terminale.

Moyen exceptionnel

Sans prendre position sur le projet de loi, l'AQPS souhaite que le recours à l'aide médicale à mourir demeure exceptionnel et que tous les autres moyens pour soulager la souffrance aient été tentés ou offerts avant. De plus, on veut s'assurer que la demande d'aide médicale à mourir ne résulte pas d'un problème de santé mentale.

 

Source: Le Soleil

 

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